Interdiction d’enlèvement des marchandises à destination du Niger par les camions béninois : L’expert Jude FAGBEMI expose la subtilité de la décision et ses implications

(Transports)- Les camions immatriculés au Bénin ne sont pas autorisés à participer à l’enlèvement des marchandises à destination du Niger au Port de Lomé et sur tout le territoire nigérien. Ainsi en a décidé le gouvernement nigérien. Face à cette décision, notre rédaction s’est rapprochée de Jude FAGEMI administrateur des transports et expert en facilitation des échanges et Secrétaire Général de la Fédération béninoise des commissionnaires agréés en douane (FEBECAD)  pour avoir sa lecture et les conséquences pour le Bénin.

L’expert a expliqué la décision du Ministère nigérien en charge des transports, sa subtilité, ses conséquences et fait de judicieuses propositions au Bénin. Nous vous livrons ci-dessous l’intégralité de ses propos.

JUDE FAGBEMI AU SUJET DE LA DECISION DU NIGER CONTRE LES TRANSPORTEURS BENINOIS

« Effectivement cela est fait de façon subtile. Il est vrai qu’à l’instar du Protocole d’Accord de Transports Routiers Niger-Bénin du 13 octobre 1977, le Niger avait déjà signé un accord bilatéral de transport routier avec le Togo depuis le 18 Février 1975. Ces accords définissent avec chaque partie les modalités d’enlèvement dans les ports du fret à destination du Niger notamment la répartition du fret et les itinéraires ouverts aux transports routiers bilatéraux de marchandises et de personnes.

Ce communiqué vise à restaurer cet accord avec le Togo afin d’obtenir pour les Transporteurs Nigériens leur part du marché.

La subtilité se trouve dans le fait d’omettre les véhicules immatriculés au Bénin en cas de forte demande.

À part l’effet d’annonce moralement préjudiciable aux acteurs béninois du secteur, cette décision aura un triple impact sur l’activité de transport du fret Nigérien au départ du port de Lomé.

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La 1ere c’est l’augmentation du coût du transport au départ de Lomé pour le Niger. De 1,500,000fcfa au début de la crise, un chargement de 40T environ ou d’un conteneur à partir de Lomé pour Niamey coûte aujourd’hui 4,000,000fcfa à cause de la demande et du tronçon très risqué.

Ensuite la longue relation fraternelle entre le Bénin et le Niger a favorisé l’immatriculation des centaines de camions appartenant à des ressortissants Nigériens en République du Bénin. Tous ces acteurs pour la plupart bailleur de fret qui faisaient l’activité pour le transport de leurs propres marchandises sont ainsi pénalisés. Ce qui va engendrer la rareté de moyens de transport et l’augmentation des pénalités de séjour prolongé des marchandises au port de Lomé.

Enfin le sous-secteur des transports routiers de marchandises au Bénin déjà en agonie est ainsi plongé davantage dans la précarité déjà difficile à porter. Certains acteurs vont se tourner vers le Niger et le Togo pour la ré immatriculation de leurs véhicules les jours à venir.

Les autorités Béninoises pour soulager les opérateurs économiques doivent réduire les barrières tarifaires et non mais aussi ouvrir toutes les frontières viables pour la mise en transit des marchandises sur le Nigeria, principal consommateur des flux débarqués dans les ports du Bénin et du Togo pour que la mise en transit des marchandises sur le Nigeria reprenne vivement comme dans les années 2000. »

Propos recueillis par Raoul HOUNSOUNOU

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