Sahel: un mouvement pour la croissance

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L’Alliance Sahel, une initiative réunissant 25 partenaires du développement dont la Banque mondiale et IFC, a réaffirmé son engagement à aider cinq pays de la sous-région à sortir de la pauvreté.

Créée en 2017 pour fédérer les efforts de développement et de financement des pays du G5 – qui regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad – l’Alliance reste à ce jour la campagne mondiale la mieux structurée pour soutenir la croissance et la stabilité du Sahel.

Pourtant, ce sont surtout les déséquilibres de la sous-région qui continuent de faire la une des journaux. Le Sahel fait face à une situation complexe d’instabilité et de violence, d’extrême pauvreté et de faim, ainsi que de sécheresses induites par les changements climatiques. Autant de raisons qui ont forcé des centaines de milliers de personnes à migrer ces derniers mois. De plus, la COVID-19 devrait plonger 1,3 million de Sahéliens supplémentaires dans l’extrême pauvreté.

Ce que les journaux ne vous disent pas, c’est qu’il y a également eu des progrès. Au cours des trois dernières années par exemple, contre toute attente, l’Alliance Sahel a fourni l’électricité à 550 000 personnes, l’eau potable à 5,5 millions de personnes et aidé à vacciner 3,4 millions d’enfants.

Le Groupe de la Banque mondiale a lui aussi joué un rôle important, par sa contribution au programme de la Grande muraille verte qui a bénéficié à 19 millions de personnes, majoritairement des éleveurs. Il a aussi aidé plus de 2 millions de personnes à obtenir une protection sociale. Aujourd’hui, le Groupe de la Banque mondiale intensifie son engagement dans la sous-région grâce à une nouvelle stratégie.

Sans le secteur privé, il sera impossible de consolider les progrès réalisés pour aider le Sahel à sortir du piège de la fragilité et de la crise de la COVID-19. En effet, les entreprises privées fournissent jusqu’à 85 % des emplois dans les cinq pays et contribuent grandement à leur croissance, leurs services et leur innovation. L’apport du privé se révèle d’autant plus important à l’heure où les gouvernements ne disposent plus des ressources budgétaires nécessaires pour stimuler leurs économies.

Quelle est donc la marche à suivre ?

Premièrement, nous devons soutenir les entrepreneurs de la sous-région, qui ont besoin de formation et de financements pour faire fructifier leur dynamisme et leur créativité. IFC investit dans des entreprises privées  à fort potentiel d’entraînement pour l’ensemble de l’économie. 

L’une de ces compagnie, la CEDIAM, aide les producteurs maliens à transformer et exporter de la purée de mangue, créant ainsi de la valeur ajoutée, de l’emploi et des revenus fixes, et contribuant au renforcement de la chaîne de valeur. Nous collaborons également avec la Banque mondiale au Niger sur le développement du marché de l’énergie solaire. En Mauritanie, nous fournissons des services de conseil pour faciliter la croissance des petites entreprises, en particulier celles dirigées par des femmes et des jeunes.

Deuxièmement, il ne peut y avoir de percée en matière de développement sans une solide collaboration public-privé. Avec nos collègues de la Banque mondiale, nous contribuerons à créer les conditions favorables à l’épanouissement du secteur privé. Cela inclut notamment d’importantes réformes politiques et institutionnelles qui rendent les services de distribution d’énergie plus efficaces, ou qui créent des incitations pour développer les réseaux de téléphonie mobile dans les zones isolées.

Enfin, pour reprendre le message de Paul Collier lors d’un récent événement de l’Alliance Sahel, les institutions de financement du développement doivent mettre en commun leur capital et leur énergie pour investir dans un plus grand nombre d’entreprises pionnières, même si leur succès n’est pas garanti. IFC a récemment signé un certain nombre d’accords importants – notamment avec DEG et PROPARCO – pour faciliter ce type de collaboration.

Le moment est venu de redoubler nos efforts au service du Sahel. Avec un tel mouvement en place, une percée en matière de développement est possible.

Aliou MAIGA

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