Marchés de violences à l’Est de la RD Congo : Quelle approche adoptée ?

(Est de la RD Congo) – À tout scruter de près, il s’observe un lien assez large entre le terrorisme et la question liée à l’argent. Il est évident qu’il y a des jeunes qui ont passé plus de 10 ans au sein des groupes armés. De fils en aiguille, ils s’adonnent à des actes barbares ou terroristes en échange d’une petite rémunération. Parfois, eux-mêmes ne partagent pas forcément l’idéologie de ces manipulateurs.   De ce fait, il s’est développé un marché de la violence. Il y a ceux qui disposent de possibilités et d’expériences de violence d’un côté.  Et de l’autre, ceux qui, pour des intérêts personnels d’une part et idéologiques d’autre part, ont besoin de cette violence afin de faire avancer leur cause ou pour mieux dire : leur business.

Lorsque l’Etat n’arrive pas à contrôler ceux qui vivent des actes de violences pour les utiliser à son profit, ceux qui vivent de la violence vendent leur expertise au plus offrant pour survivre dans un contexte de crise économique aiguë. Il se développe alors un marché de violence propice au terrorisme, aux groupes armés et aux associations de malfaiteurs, pour ne citer que ça. Dans un pays où le marché de violence se développe, les services secrets étrangers ne trouvent aucune difficulté à agir dans l’espace national parce que les vendeurs de violences trouveront dans eux des acheteurs plus offrants et, dans les meilleurs de cas, les plus protecteurs.

Dans le territoire de Beni, situé dans l’Est de la République démocratique du Congo, les violences terroristes perpétrées par les ADF/Nalu n’échappent pas à cette réalité. Les guerres et conflits armés qui ont touché et continuent de toucher le territoire de Beni et le Kivu dans son ensemble depuis 1994, sans oublier les échecs des processus de démobilisation et réintégration, ont engendré dans la région des personnes qui n’ont aucun autre service  à vendre en dehors de leur expérience d’ex combattants.

Présentation de koriactu

Il en découle que lorsque il ya des frustrations politiques,  les mafias dans l’exploitation des minerais, dans l’exportation de cacao, l’esprit de vengeances, les luttes politiques, la course à l’argent facile, l’affaiblissement de la collaboration civilo-militaire suite aux accusations de complicités portées contre les services de sécurité, que ces vendeurs de violences soient très sollicités. C’est autant de situations propices au développement des marchés de violences. Pour éviter de dépenser pour le recrutement, les ADF préfèrent recruter les enfants. Ainsi donc, en tuant les parents, les orphelins voués à une précarité extrême, restent à leur merci d’autant que les mécanismes locaux de protection des orphelins n’existent pas.

Certains pensent que la filière cacao à Beni, est touchée dans la mesure où, les producteurs sont ciblés, pour se donner libre accès au cacao. Certains faits poussent à croire que les producteurs sont même visés par ceux qui les connaissent. Quant à la filière aurifère, il sied de constater qu’ au-delà de cacao, les mouvements des ADF s’effectuent en suivant les zones aurifères du Nord-Kivu et Ituri, deux zones les plus touchées par les conflits armés en RD Congo. Que ce soient le cacao, le bois, ou l’or, ils ne sortent du territoire congolais que par l’Ouganda.il ya de quoi se poser de question.

Pour adresser cette situation, il faut absolument des fonds. Face aux difficultés financières de l’État congolais,  le « consortium Beni usalama » à travers le projet « Jiwe langue kwa usalama wa Béni » financé par un couple d’évangélistes philanthropes américains a aidé les communautés de watalinga,en territoire de beni une contrée qui se trouve vers la frontière ougandaise, à  améliorer la collaboration avec les Forces Armées de la République démocratique du Congo.

Il convient donc de lancer un appel à l’endroit des hommes d’affaires et politiques congolais pour qu’ils mettent en place un fonds pour financer les activités d’accroissement du rapprochement civilo militaire. Le SECAS/fardc devra être doté de plus de moyens. Il n’est pas normal que le prix de notre sécurité soit toujours payé par les étrangers. Il est temps que les congolais reprennent les choses en main.

Yenga Fazili wã BIREGEYA / Me Andera BALYAMU

1 COMMENTAIRE

  1. Un article très pertinent qui reflète un travail de terrain, bien fait. L’appel à l’engagement endogène aux Congolais, patrons de leur état, doit impérativement tombé dans leurs oreilles, pour en découdre avec le marché des violences, dans le Nord-Kivu.

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