Doing Business : la Banque mondiale met fin au programme

0
178

Vues : 16

Suspendu en 2020 pour des enquêtes sur des soupçons d’irrégularités constatées dans la manipulation des données, la Banque mondiale a annoncé jeudi 16 septembre 2021, la fin définitive du programme Doing Business.

Plus de publications de rapport Doing Business de la Banque mondiale (BM). Dans un communiqué publié jeudi 16 septembre 2021, l’institution a annoncé la fin définitive du programme suite à la confirmation des irrégularités observées dans la manipulation des données au cours des dernières éditions.

Cette décision de la Banque intervient à la suite des conclusions d’une enquête diligentée sur les irrégularités révélées dans les données des éditions 2018 et 2020 du rapport. « La confiance dans les travaux de recherche du Groupe de la Banque mondiale est d’une importance capitale. Ces travaux guident les actions des décideurs politiques, aident les pays à prendre des décisions mieux éclairées et permettent aux parties prenantes de mesurer les progrès économiques et sociaux avec plus de précision » a indiqué l’institution de Bretton Woods dans son communiqué. Avant d’ajouter : « Après avoir examiné toutes les informations disponibles à ce jour sur le rapport Doing Business, y compris les conclusions d’examens et audits antérieurs et le rapport rendu public aujourd’hui par la Banque au nom du conseil des administrateurs, la direction du Groupe de la Banque mondiale a pris la décision de mettre un terme à la publication du rapport Doing Business ».

A en croire les premières conclusions de l’enquête, plusieurs membres de la Banque mondiale auraient subi des pressions venant de la Chine, de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et de l’Azerbaïdjan pour manipuler les données utilisées dans le rapport et qui permettent de mettre en lumière les efforts réalisés par les Etats pour améliorer le climat des affaires dans leurs pays.

Au nombre des personnalités impliquées dans cette affaire figurent de hauts cadres de l’équipe de l’ancien président du groupe de la Banque mondiale Jim Yong Kim démissionnaire, ainsi que l’ancienne directrice exécutive de la Banque et actuelle directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva. Cette dernière a d’ailleurs dans un communiqué affirmé être « en désaccord avec les conclusions et les interprétations de l’enquête ».

Il faut noter qu’à la suite du scandale, plusieurs économistes au sein même de la Banque mondiale avaient déjà remis en cause l’intégrité du rapport Doing Business, notamment concernant les méthodes de calculs utilisées. De plus, il était critiqué par plusieurs organisations de la société civile, qui estimaient que bien trop de gouvernements mettaient en place des réformes législatives uniquement pour grimper dans le classement sans que cela n’ait un réel impact sur le niveau de développement dans leurs pays. Des irrégularités qui poussent à s’interroger sur la fiabilité des classements des pays pauvres moins puissants pour exercer de telles pressions, vu la puissance économique des pays incriminés.

 « A l’avenir, nous nous emploierons à élaborer une nouvelle approche pour évaluer le climat des affaires et de l’investissement », a indiqué la Banque mondiale dans la suite de son communiqué.

Ronie Floride AGAMMA

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here