Commercialisation du soja au Bénin : Trois mesures au profit des acteurs, une opération d’achat de tous les stocks lancée

La crise du soja au Bénin connait un dégel depuis quelques jours. Après une rencontre des acteurs avec Patrice TALON où d’importantes décisions ont été prises telles la révalorisation du prix au kilogramme, une opération d’achat des socks au profit des usines de la zone économique spéciale commence.

Ça démarre ce vendredi 14 avril 2023. Les producteurs de  soja pourront vendre, à l’Etat béninois, tous leurs stocks disponibles. L’information est portée à la connaissance du public, au travers d’un communiqué de la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (SIPI-Bénin). Elle fait suite aux mesures prises, par le chef de l’Etat, Patrice Talon, pour relancer la commercialisation de la filière. En effet, les séances entre le Président et les producteurs, puis des ministres avec les mêmes producteurs ont permis de retenir, de façon consensuelle, le prix d’achat à 270 FCFA pour le soja conventionnel, et 320 FCFA le soja bio.

Les mesures

Le Bénin, qui est un grand producteur de soja en Afrique de l’Ouest, entend renforcer son secteur agricole en encourageant les investissements et en augmentant la production. Pour y arriver, il faut éviter que naisse et perdure une crise. C’est d’ailleurs pour cette raison que le chef de l’Etat, Patrice Talon, entouré de plusieurs membres de son gouvernement a décidé de rencontrer les acteurs de la filière. A l’issue de cette rencontre tenue hier, mardi 11 avril 2023, il a été décidé de la revalorisation du prix de soja.

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Ils sont en fête. Ce sont les producteurs de soja. C’est l’essentiel à retenir des propos de Steev K. ADJAMAN, président de l’Union Nationale des Producteurs de soja au Bénin (UNAPS-Bénin), à la sortie de la séance de travail. Evidemment, le sourire et les premiers mots du chef de l’État, Patrice TALON, à l’entame de cette séance présageaient d’une telle satisfaction des producteurs de soja, désemparés ces derniers temps par la crise qui secoue leur filière. En effet, le Chef de l’État a, d’entrée, exprimé sa joie de retrouver les acteurs du monde agricole, précisément les sojaculteurs. Patrice TALON a cependant regretté qu’il se note malheureusement quelques peurs dans la filière, raison pour laquelle les acteurs ont souhaité rencontrer le Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche sur certaines préoccupations. « Le Ministre m’a rendu compte de votre séance et j’ai décidé de vous rencontrer pour envisager des solutions de sortie de crise », a indiqué le Président de la République.

Et pour une sortie de crise, la solution « magique et inespérée » a été trouvée, se réjouit le président de l’Union. En effet, les séances entre le Chef de l’État et les producteurs, puis des ministres avec les mêmes producteurs ont permis de retenir, de façon consensuelle, le prix d’achat à 270 FCFA pour le soja conventionnel, et 320 FCFA le soja bio.

Au sujet des mesures urgentes pour écouler tout le stock invendu qui préoccupe les acteurs, le président de l’Union et son chargé de programme ont présenté une situation embarrassante pour les 60.000 membres de leur Union dont 1.497 ont contracté des crédits auprès de la CLCAM pour produire le soja. Ils ont emblavé 4.492 hectares pour une production de 5.390 tonnes. Mais une production invendue, à cause de la baisse des prix. Conséquence : impossibilité de rembourser le crédit de 634.045.000 F CFA dont l’échéance a expiré. Sur l’ensemble des 400.000 tonnes de production dans les bassins de soja, 182.500 tonnes, selon l’Union, restent invendues.

Pour les producteurs, c’est un désastre. Alors, « nous sommes venus vous demander de sauver la situation, la filière et surtout la prochaine campagne agricole », a demandé le président Steev K. ADJAMAN. « Nous n’allons pas nous faire hara kiri », a répondu le chef de l’État, qui ajoute : « Le gouvernement ne peut pas rester sourd à votre cri de détresse ». Et la bonne nouvelle est immédiatement tombée. Tout le stock restant sera acheté par l’État par le biais la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI Bénin SA) et payé au prix de 270 FCFA le soja conventionnel, 250 FCFA le soja déclassé et 320 FCFA le soja bio.

Mais au-delà de la situation actuelle dont la solution plait aux producteurs, c’est toute une filière qu’il faut sauver sur la durée, au profit du bien-être des populations et du développement du pays. Et sur ce plan, le Chef de l’État est catégorique. « Nous faisons des efforts pour promouvoir les filières agricoles, notamment le cajou et le soja. Mais ces efforts, malheureusement, ne profitent pas au pays, mais à des individus. Au Bénin, il n’y a que le coton qui contribue aux ressources publiques. Ce qui n’est pas normal. Notre ambition est que le secteur agricole génère de l’industrie agricole. Alors, en dehors du coton, les autres spéculations agricoles devraient en faire autant. C’est pourquoi nous avons décidé qu’à partir d’avril 2024, le cajou et le soja ne seront plus exportés à l’état brut. Les productions seront transformées sur place. Cela va créer des emplois et de la richesse nationale. Nous n’allons pas continuer à tendre la main aux autres. Le Bénin va se distinguer autrement en comptant sur ses efforts, sur ses producteurs agricoles. Et chacun de nous fera sa part de job. C’est la raison de l’instauration des redevances à l’exportation. Elles participent au développement de notre pays ». Patrice TALON a également insisté sur la rotation des cultures, pour une bonne productivité et la préservation durable des sols.

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Cette décision de revalorisation du prix du soja pourrait encourager d’autres investisseurs, notamment les entreprises américaines, à s’intéresser à l’agriculture béninoise.

La rencontre s’est déroulée en présence du ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale, Abdoulaye BIO TCHANÉ, du ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Cossi DOSSOUHOUI, et du ministre de l’Industrie et du Commerce, Shadiya Alimatou ASSOUMAN.

Lire, ci-dessous, le communiqué de la SIPI-Bénin qui donne les détails sur les points de vente, sur toute l’étendue du territoire national.

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Dèlofon T. HOUETOHOSSOU

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