Notation financière de Fitch Ratings : Un éventuel retrait du Mali, Burkina Faso et Niger, couterait cher à la BIDC

(BIDC)- Après une évaluation, Fitch Ratings a reconduit le 12 avril 2024, la note ‘’B’’ perspective stable de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC). Toutefois l’agence américaine de notation a signifié une menace quant à une éventuelle sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de cette institution financière régionale.

La BIDC améliore la qualité de son portefeuille grâce une meilleure gestion du risque. “Environ la moitié des prêts sont accordés à des États souverains, qui étaient tous performants à la fin de 2023’’ souligne Fitch Ratings dans son communiqué. La BIDC est maintenue dans la catégorie “hautement spéculatif” situé 6 crans au-dessus du défaut de paiement. Le ratio fonds propres/total bilan du bras financier de la CEDEAO a chuté à 29 % en fin 2023 contre 31% en 2022 en dépit de ce que la Côte d’Ivoire et le Ghana aient versé 60 milliards FCFA comme parts dans son capital. Or c’est ce ratio qui indique la solidité financière d’une banque.

Leur annonce en janvier 2024 de leur retrait de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) induirait un retrait de la BIDC si la menace se concrétisait. En effet, une éventuelle sortie des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) est une véritable menace pour la santé de la BIDC. Selon l’agence de notation, le Mali, le Burkina Faso et le Niger représentent 23% des prêts de l’institution – dont un tiers du montant est détenu par des souverains et le reste par le secteur privé – “Bien qu’il ne soit pas certain que les trois pays concrétisent leurs intentions, Fitch estime que ce scénario pourrait affecter la performance de la banque, entraînant une augmentation des prêts improductifs”.

Lire aussi:

La BIDC verrait son actionnariat chamboulé, car les trois pays en détiennent environ 6 % du capital, environ 33 millions de dollars qui ne couvrent pas leurs dettes.  La banque pourrait garder les parts du capital pour couvrir une partie des expositions brutes aux trois souverains, estimées à 124 millions de dollars. Dans un tel scénario, l’exposition nette (écart restant dû) serait encore de 91 millions de dollars (équivalant à 6% des prêts bruts à fin 2023), sapant des années d’efforts d’assainissement. Dans ce cas, sa note de crédit pourrait être revue à la baisse.
La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) est l’institution financière de développement des quinze (15) États membres de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) que sont : le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

La Banque est issue de la transformation, en 1999, de l’ex- Fonds de Coopération, de Compensation et de Développement de la CEDEAO en un groupe bancaire dénommé Groupe de la BIDC.
Manfoya HOUNGUE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici